Mots-clefs

, ,

Par Brian Daly | Agence QMI
(note: Les sondages ne sont jamais une vérité coulée dans le béton mais quand ils peuvent servir à des fins politiques…)

Alors que le débat se poursuit sur la nouvelle loi contre le terrorisme du gouvernement conservateur, quatre Canadiens sur 10 sont «prêts à renoncer aux libertés civiles pour combattre le terrorisme», selon un sondage de la firme Léger obtenu par l’Agence QMI.

Il s’agit du résultat le plus élevé depuis mars 2012, lorsque Léger a posé la question pour le compte de l’Association d’études canadiennes.

Le sondage Léger a été réalisé auprès de 1500 Canadiens du 9 au 11 février, plusieurs jours après le dépôt du projet de loi C-51 par le gouvernement Harper.

Le projet de loi, qui a déjà obtenu l’appui du Parti libéral à Ottawa, permettrait de faciliter l’arrestation de personnes liées au terrorisme.

La loi accorderait aussi plus de pouvoirs au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pour «interrompre» les sites web et les comptes des médias sociaux.

Quarante pour cent des Canadiens, 56 % chez les Albertains, sont prêts à renoncer aux libertés civiles si cela permet de stopper le terrorisme, selon le sondage Léger.

Ils sont toutefois 48 % au pays à penser le contraire, dont 60 % de Québécois qui ne sont pas aussi chauds que les autres Canadiens à l’idée d’abandonner leurs libertés civiles.

Plus les répondants sont âgés, plus ils abandonneraient leurs libertés civiles pour lutter contre le terrorisme, selon le sondage.

Selon le démographe Jack Jedwab, dont le groupe de recherche établi à Montréal a commandé le sondage, la mort d’un soldat à Saint-Jean-sur-Richelieu et d’un autre à Ottawa est toujours dans l’esprit des gens, quatre mois après les tragiques événements.

«Ces gestes dramatiques très médiatisés influencent la conscience du public», a déclaré M. Jedwab, ajoutant que même les personnes qui auraient normalement rejeté le projet de loi C-51 sont maintenant en «sérieuse réflexion».

Le politologue de l’Université de l’Alberta Thomas Butko n’est pas surpris que les Albertains soient plus enthousiastes que les autres Canadiens concernant des mesures pour combattre le terrorisme.

«Je crois que cela a à voir avec la culture politique, a-t-il déclaré. L’Alberta est une province très conservatrice, très traditionnelle avec des valeurs axées sur la sécurité.»

M.Butko, qui est un spécialiste de l’islam fondamentaliste, n’est pas certain qu’un accroissement des pouvoirs du SCRS permettra de mettre fin au terrorisme.

«Il y aura probablement une autre attaque, selon lui. Vous ne serez jamais protégés à 100 %.»

Publicités